Le salon de l’agriculture fête 70 ans d'une recherche intensive
Pour célébrer des recherches souvent méconnues du grand public,
l'Inra, créé en 1946 pour « nourrir » la France vient de publier à
l'occasion du Salon de l'agriculture et de ses soixante-dix bougies,
Agro-mots, un recueil qui, en 70 définitions, nous rappelle que notre
agriculture n'a jamais été aussi moderne et ambitieuse.
70 ans, 70 mots, « 70 incitations à venir rencontrer les techniciens, ingénieurs et chercheurs de l'Inra ». François Houllier, le président de l'Institut National (France) de la Recherche Agronomique, sait bien qu'il n'est pas aisé d'accompagner en 2016 un monde agricole – qui sur fond de crises à répétition – est confronté à des enjeux majeurs. Voici 70 ans que cette honorable maison est au service des agriculteurs et de leurs préoccupations.
L'un de ses prédécesseurs, Charles Thibault, n'avait de cesse de marteler « l'Inra ne doit recruter que des chercheurs qui signent un engagement moral pour que leurs recherches servent au progrès de l'agriculture ».
D'une ambition née au sortir de la seconde guerre mondiale pour nourrir la France et ses Français, l'Inra veut aujourd'hui nourrir le monde en passant par ce relai incontournable que sont nos agriculteurs hexagonaux.
C'est cet engagement qu'Agro-mots met en avant grâce à des textes accessibles par tous, pour comprendre par exemple, les pesticides et leur dissémination mal contrôlée. Une nocivité pour laquelle l'Inra de Toulouse avait sonné l'alerte en 2013.
Conjugués ensemble, cinq pesticides trouvés dans notre alimentation provoquent un véritable cocktail, générateur de cancers. Aujourd'hui, la réduction des produits phytosanitaires n'est plus une option : en 2018, le plan Écophyto a prévu de réduire leur emploi de 50 %.
Rappelons que la France est troisième consommateur mondial et premier consommateur européen d'une artillerie lourde de conséquences – avec 500 substances actives recensées – pour juste écraser nos « ravageurs » et améliorer des rendements qui aujourd'hui restent un enjeu.
L'agriculture française est – avec cette aide précieuse qu'apporte l'Inra – en train de se réinventer afin de combiner des techniques utilisant des catégories résistantes, en invitant à semer tardivement et à ajuster la fertilisation azotée.
La bactérie tueuse d'oliviers
Autre ambition de cet ouvrage, celle de rappeler que l'Inra est aux aguets pour surveiller les risques que peuvent connaître nos agriculteurs comme l'évolution de la Xylella fastidiosa, une bactérie tueuse d'oliviers qui continue de ravager les oliveraies des Pouilles, en Italie.
Cette bactérie, qui empêche la sève de circuler dans les plantes, est désormais à nos portes. Nos chercheurs savent désormais que la bactérie détectée en Corse n'est pas la même souche que celle des oliviers italiens, qui prolifère et dont il est important d'identifier les vecteurs, c'est-à-dire comprendre qui sont ces chevaux de Troie participant à la transmission de la maladie (cicadelles, cercopes, cigales...).
Et ne croyez pas que la Xylella fastidiosa est réservée aux régions du sud de l'Europe. En avril 2015, un caféier ornemental porteur de la bactérie a été détecté et détruit sur un marché de la région parisienne. La vigilance est donc de tous les instants.
Les enjeux climatiques
Le réchauffement climatique est également au cœur de l'action de l'Inra. Si nous connaissons tous maintenant la COP 21, combien sommes-nous à savoir que cette vingt-et-unième conférence initiée en juin 1972 proposait déjà d'agir sur l'environnement au niveau mondial ? Ici, il s'agit pour l'Inra d'évaluer les besoins en eau, de s'interroger sur la qualité des sols et de repenser les rendements agricoles pour tenter d'agir au plus vite. Si les recherches pour améliorer aussi bien l'agriculture que la sylviculture n'en sont qu'à leurs débuts, l'étude des milieux naturels autant que des cultures est importante pour comprendre ce qu'implique une élévation des températures. Quel va être l'impact de la précocité de la floraison, quelles conséquences auront l'augmentation de la croissance de certains végétaux ou l'avancée du calendrier des pratiques pour les cultures annuelles ? Autant de questions auxquelles il faut apporter des réponses et des solutions. Quid également de l'impact du réchauffement des cours d'eau et de la surface des lacs sur l'évolutions des écosystèmes aquatiques ?
L'Inra a par le passé démontré également l'ingéniosité de ses chercheurs et des brevets qu'ils déposent. C'est en s'associant ainsi à l'Inra de Narbonne que deux étudiants de l'École Centrale ont simplifié le procédé de méthanisation (transformation des résidus de matières végétales ou animales en bioénergie) pour produire de l'eau chaude et de l'électricité depuis un site de cogénération destiné à couvrir 95 % des besoins d'une commune de 1.250 habitants (Nouzilly). La méthanisation de nos déchets, générant 35 % de CO2 et de 65 % de méthane, peut être également, après purification, réinjectée dans le réseau de gaz naturel ou faire rouler une flotte de véhicules comme à Lille où les bus gazent grâce à lui.
Préfacé par Axel Kahn, parrain de Futura-Sciences, Agro-mots, « 70 notions pour comprendre l'alimentation, l'agriculture et l'environnement », rédigé par Laurent Cointot, Éric Connehaye et Jean-François Launay est édité aux éditions Quae / Le Cherche-Midi.
avec Futura-Sciences
70 ans, 70 mots, « 70 incitations à venir rencontrer les techniciens, ingénieurs et chercheurs de l'Inra ». François Houllier, le président de l'Institut National (France) de la Recherche Agronomique, sait bien qu'il n'est pas aisé d'accompagner en 2016 un monde agricole – qui sur fond de crises à répétition – est confronté à des enjeux majeurs. Voici 70 ans que cette honorable maison est au service des agriculteurs et de leurs préoccupations.
L'un de ses prédécesseurs, Charles Thibault, n'avait de cesse de marteler « l'Inra ne doit recruter que des chercheurs qui signent un engagement moral pour que leurs recherches servent au progrès de l'agriculture ».
D'une ambition née au sortir de la seconde guerre mondiale pour nourrir la France et ses Français, l'Inra veut aujourd'hui nourrir le monde en passant par ce relai incontournable que sont nos agriculteurs hexagonaux.
C'est cet engagement qu'Agro-mots met en avant grâce à des textes accessibles par tous, pour comprendre par exemple, les pesticides et leur dissémination mal contrôlée. Une nocivité pour laquelle l'Inra de Toulouse avait sonné l'alerte en 2013.
Conjugués ensemble, cinq pesticides trouvés dans notre alimentation provoquent un véritable cocktail, générateur de cancers. Aujourd'hui, la réduction des produits phytosanitaires n'est plus une option : en 2018, le plan Écophyto a prévu de réduire leur emploi de 50 %.
Rappelons que la France est troisième consommateur mondial et premier consommateur européen d'une artillerie lourde de conséquences – avec 500 substances actives recensées – pour juste écraser nos « ravageurs » et améliorer des rendements qui aujourd'hui restent un enjeu.
L'agriculture française est – avec cette aide précieuse qu'apporte l'Inra – en train de se réinventer afin de combiner des techniques utilisant des catégories résistantes, en invitant à semer tardivement et à ajuster la fertilisation azotée.
La bactérie tueuse d'oliviers
Autre ambition de cet ouvrage, celle de rappeler que l'Inra est aux aguets pour surveiller les risques que peuvent connaître nos agriculteurs comme l'évolution de la Xylella fastidiosa, une bactérie tueuse d'oliviers qui continue de ravager les oliveraies des Pouilles, en Italie.
Cette bactérie, qui empêche la sève de circuler dans les plantes, est désormais à nos portes. Nos chercheurs savent désormais que la bactérie détectée en Corse n'est pas la même souche que celle des oliviers italiens, qui prolifère et dont il est important d'identifier les vecteurs, c'est-à-dire comprendre qui sont ces chevaux de Troie participant à la transmission de la maladie (cicadelles, cercopes, cigales...).
Et ne croyez pas que la Xylella fastidiosa est réservée aux régions du sud de l'Europe. En avril 2015, un caféier ornemental porteur de la bactérie a été détecté et détruit sur un marché de la région parisienne. La vigilance est donc de tous les instants.
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| La tueuse d'oliviers, la bactérie Xylella fastidiosa, ne s'attaque en France qu'a des arbres d'ornements. Aux États Unis, elle s'en est prise au vignoble californien et aux oliviers. En Italie, dans la région des Pouilles, elle ravage des arbres centenaires. L'Inra étudie cette bactérie dite « fastidieuse », c'est-à-dire difficile à étudier en laboratoire car elle pourrait s'attaquer à 309 espèces végétales hôtes. © Shutterstock |
Les enjeux climatiques
Le réchauffement climatique est également au cœur de l'action de l'Inra. Si nous connaissons tous maintenant la COP 21, combien sommes-nous à savoir que cette vingt-et-unième conférence initiée en juin 1972 proposait déjà d'agir sur l'environnement au niveau mondial ? Ici, il s'agit pour l'Inra d'évaluer les besoins en eau, de s'interroger sur la qualité des sols et de repenser les rendements agricoles pour tenter d'agir au plus vite. Si les recherches pour améliorer aussi bien l'agriculture que la sylviculture n'en sont qu'à leurs débuts, l'étude des milieux naturels autant que des cultures est importante pour comprendre ce qu'implique une élévation des températures. Quel va être l'impact de la précocité de la floraison, quelles conséquences auront l'augmentation de la croissance de certains végétaux ou l'avancée du calendrier des pratiques pour les cultures annuelles ? Autant de questions auxquelles il faut apporter des réponses et des solutions. Quid également de l'impact du réchauffement des cours d'eau et de la surface des lacs sur l'évolutions des écosystèmes aquatiques ?
L'Inra a par le passé démontré également l'ingéniosité de ses chercheurs et des brevets qu'ils déposent. C'est en s'associant ainsi à l'Inra de Narbonne que deux étudiants de l'École Centrale ont simplifié le procédé de méthanisation (transformation des résidus de matières végétales ou animales en bioénergie) pour produire de l'eau chaude et de l'électricité depuis un site de cogénération destiné à couvrir 95 % des besoins d'une commune de 1.250 habitants (Nouzilly). La méthanisation de nos déchets, générant 35 % de CO2 et de 65 % de méthane, peut être également, après purification, réinjectée dans le réseau de gaz naturel ou faire rouler une flotte de véhicules comme à Lille où les bus gazent grâce à lui.
Préfacé par Axel Kahn, parrain de Futura-Sciences, Agro-mots, « 70 notions pour comprendre l'alimentation, l'agriculture et l'environnement », rédigé par Laurent Cointot, Éric Connehaye et Jean-François Launay est édité aux éditions Quae / Le Cherche-Midi.
avec Futura-Sciences


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