Rencontre des gendarmeries africaines à Dakar : Le partage des renseignements pour lutter contre le terrorisme
Pour
contrecarrer le terrorisme et la cybercriminalité, le ministre des
Forces armées Augustin Tine a plaidé hier pour une coopération
opérationnelle interafricaine basée sur le partage des renseignements et
des données. Il procédait ainsi à l’ouverture de la quatrième
conférence des commandants et directeurs de l’Organisation des
gendarmeries africaines (Oga) qu’abrite la capitale sénégalaise.
Entouré de son collègue ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique Abdoulaye Daouda Diallo, le ministre des Forces armées Augustin Tine a insisté hier sur la nécessaire synergie des actions dans les renseignements pour barrer la route au terrorisme. « Avec les pays voisins, on pourrait échanger, harmoniser les formations et partager les renseignements pour que la lutte soit plus efficace dans le domaine de la protection des personnes et des biens », a-t-il dit.
L’approche concertée est donc privilégiée afin de sauvegarder la confiance numérique considérée comme un enjeu économique majeur pour nos pays. Pour le ministre des Forces armées, c’est la seule alternative face à la rapidité et l’efficacité avec laquelle les actions criminelles sont coordonnées en se jouant des frontières.
C’est dans cette dynamique qu’il s’est félicité de l’action du président de la République Macky Sall consistant à mettre les moyens afin que nos forces de sécurité soient mieux outillées dans le renseignement. « Il s’agit de mettre hors d’état de nuire les personnes malintentionnées qui tentent de franchir les frontières », a indiqué Augustin Tine.
Des mesures qui se justifient, d’autant plus que la criminalité organisée tire profit de la libre circulation des personnes et des biens dictée par des impératifs d’ordre économique qui ne sauraient être remis en cause, selon l’autorité.
Le contexte géostratégique continental et international commande cette nécessaire redynamisation pour vaincre la criminalité, selon les organisateurs du Colloque international de Dakar sur la cybercriminalité (Cidak). Le thème retenu, « Enjeux et stratégies de la lutte contre la cybercriminalité », permettra sans doute à l’organisation des gendarmeries africaines (Oga) de s’engager résolument dans une phase active pour être en mesure d’atteindre les objectifs stratégiques fixés par la convention qui est à l’origine de sa création.
Les participants à la conférence de l’Oga sont unanimes à reconnaître que la criminalité transnationale devient de plus en plus complexe. Elle est en outre portée par des acteurs hautement qualifiés. Résultat, la lutte contre ses diverses manifestations nécessite désormais l’acquisition de compétences très pointues par les forces de sécurité. De plus, l’exigence de performance, réclamée par les populations, oblige les forces de défense à privilégier une gouvernance de la sécurité dont la gestion sera axée sur le résultat.
En effet, reconnaît le ministre des Forces armées, la perception de l’insécurité est devenue beaucoup plus expansive en raison de l’action débridée des médias. La presse, analyse Augustin Tine, a une propension naturelle à jouer un rôle de sentinelle et d’alerte sur l’exacerbation des périls. Un nouveau paradigme qui reste une contrainte majeure que les Etats et les forces de sécurité devraient prendre en compte à travers le recrutement de ressources humaines de qualité et une formation à la mesure des enjeux.
GENERAL DE DIVISION MAMADOU GUEYE FAYE : «Pas de victoire contre la cybercriminalité sans la coopération internationale »
Le Général de division Mamadou Guèye Faye, Haut-commandant de la gendarmerie et Directeur de la justice militaire, a abondé dans le même sens que son ministre de tutelle. Il a mis l’accent sur le renforcement de la coopération internationale car, dit-il, la lutte contre la cybercriminalité en Afrique ne peut être envisagée sans cette donnée majeure. « Les défis sont multiples, mais notre efficacité se jugera à l’aune de notre engagement commun à faire face ensemble à cette menace », a renchéri le Général Faye.
Le patron des gendarmes du Sénégal a réaffirmé sa conviction de voir une réponse adaptée face aux périls à l’aide du partage des meilleures pratiques afin d’améliorer les performances des forces de sécurité et de défense. Il a enfin magnifié l’expertise des partenaires bilatéraux, notamment la France, le Royaume d’Espagne, l’Italie, les Etats-Unis d’Amérique, la Turquie et des multilatéraux comme l’Union européenne.
Bokam Jean Baptiste, secretaire d’Etat camerounais chargé de la gendarmerie nationale : « Il n’est pas exclu pour Bokom Haram de s’attaquer aux grandes métropoles »
Le secrétaire d’Etat camerounais chargé de la gendarmerie nationale Jean Baptiste Bokam a partagé l’expérience de son pays spécifiquement en matière de lutte contre le terrorisme. « Hier c’était la grande criminalité. Aujourd’hui, nous avons non seulement la cybercriminalité, mais également le terrorisme », a-t-il fait remarquer. Le Cameroun fait face à ce phénomène avec tous les préjudices imaginables. Le terrorisme, les enlèvements, le trafic d’armes légères et les coupeurs de route ont été identifiés comme les plus grands fléaux dans ce pays d’Afrique centrale.
La secte Boko Haram s’est, il y a quelques jours, attaquée à une localité du Nord Cameroun, faisant 10 morts dont 4 terroristes transformés en kamikazes. Pour le secrétaire d’Etat camerounais en charge de la gendarmerie nationale, il n’est pas exclu que Boko Haram s’attaque à de grandes métropoles. « Les terroristes, affaiblis militairement, utilisent des méthodes barbares et lâches », a-t-il affirmé.
Les populations civiles en paient le plus lourd tribut. Jean Baptiste Bokam en appelle finalement à une interconnexion entre gendarmeries africaines, notamment dans le cadre de la formation et du partage des renseignements afin de développer les capacités d’anticipation des forces de sécurité. « La sécurité précède, accompagne et consolide le développement », a-t-il conclu en appelant à « tordre le cou au jihadisme ».
Entouré de son collègue ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique Abdoulaye Daouda Diallo, le ministre des Forces armées Augustin Tine a insisté hier sur la nécessaire synergie des actions dans les renseignements pour barrer la route au terrorisme. « Avec les pays voisins, on pourrait échanger, harmoniser les formations et partager les renseignements pour que la lutte soit plus efficace dans le domaine de la protection des personnes et des biens », a-t-il dit.
L’approche concertée est donc privilégiée afin de sauvegarder la confiance numérique considérée comme un enjeu économique majeur pour nos pays. Pour le ministre des Forces armées, c’est la seule alternative face à la rapidité et l’efficacité avec laquelle les actions criminelles sont coordonnées en se jouant des frontières.
C’est dans cette dynamique qu’il s’est félicité de l’action du président de la République Macky Sall consistant à mettre les moyens afin que nos forces de sécurité soient mieux outillées dans le renseignement. « Il s’agit de mettre hors d’état de nuire les personnes malintentionnées qui tentent de franchir les frontières », a indiqué Augustin Tine.
Des mesures qui se justifient, d’autant plus que la criminalité organisée tire profit de la libre circulation des personnes et des biens dictée par des impératifs d’ordre économique qui ne sauraient être remis en cause, selon l’autorité.
Gouvernance de la sécurité axée sur le résultat
Le contexte géostratégique continental et international commande cette nécessaire redynamisation pour vaincre la criminalité, selon les organisateurs du Colloque international de Dakar sur la cybercriminalité (Cidak). Le thème retenu, « Enjeux et stratégies de la lutte contre la cybercriminalité », permettra sans doute à l’organisation des gendarmeries africaines (Oga) de s’engager résolument dans une phase active pour être en mesure d’atteindre les objectifs stratégiques fixés par la convention qui est à l’origine de sa création.
Les participants à la conférence de l’Oga sont unanimes à reconnaître que la criminalité transnationale devient de plus en plus complexe. Elle est en outre portée par des acteurs hautement qualifiés. Résultat, la lutte contre ses diverses manifestations nécessite désormais l’acquisition de compétences très pointues par les forces de sécurité. De plus, l’exigence de performance, réclamée par les populations, oblige les forces de défense à privilégier une gouvernance de la sécurité dont la gestion sera axée sur le résultat.
En effet, reconnaît le ministre des Forces armées, la perception de l’insécurité est devenue beaucoup plus expansive en raison de l’action débridée des médias. La presse, analyse Augustin Tine, a une propension naturelle à jouer un rôle de sentinelle et d’alerte sur l’exacerbation des périls. Un nouveau paradigme qui reste une contrainte majeure que les Etats et les forces de sécurité devraient prendre en compte à travers le recrutement de ressources humaines de qualité et une formation à la mesure des enjeux.
GENERAL DE DIVISION MAMADOU GUEYE FAYE : «Pas de victoire contre la cybercriminalité sans la coopération internationale »
Le Général de division Mamadou Guèye Faye, Haut-commandant de la gendarmerie et Directeur de la justice militaire, a abondé dans le même sens que son ministre de tutelle. Il a mis l’accent sur le renforcement de la coopération internationale car, dit-il, la lutte contre la cybercriminalité en Afrique ne peut être envisagée sans cette donnée majeure. « Les défis sont multiples, mais notre efficacité se jugera à l’aune de notre engagement commun à faire face ensemble à cette menace », a renchéri le Général Faye.
Le patron des gendarmes du Sénégal a réaffirmé sa conviction de voir une réponse adaptée face aux périls à l’aide du partage des meilleures pratiques afin d’améliorer les performances des forces de sécurité et de défense. Il a enfin magnifié l’expertise des partenaires bilatéraux, notamment la France, le Royaume d’Espagne, l’Italie, les Etats-Unis d’Amérique, la Turquie et des multilatéraux comme l’Union européenne.
Bokam Jean Baptiste, secretaire d’Etat camerounais chargé de la gendarmerie nationale : « Il n’est pas exclu pour Bokom Haram de s’attaquer aux grandes métropoles »
Le secrétaire d’Etat camerounais chargé de la gendarmerie nationale Jean Baptiste Bokam a partagé l’expérience de son pays spécifiquement en matière de lutte contre le terrorisme. « Hier c’était la grande criminalité. Aujourd’hui, nous avons non seulement la cybercriminalité, mais également le terrorisme », a-t-il fait remarquer. Le Cameroun fait face à ce phénomène avec tous les préjudices imaginables. Le terrorisme, les enlèvements, le trafic d’armes légères et les coupeurs de route ont été identifiés comme les plus grands fléaux dans ce pays d’Afrique centrale.
La secte Boko Haram s’est, il y a quelques jours, attaquée à une localité du Nord Cameroun, faisant 10 morts dont 4 terroristes transformés en kamikazes. Pour le secrétaire d’Etat camerounais en charge de la gendarmerie nationale, il n’est pas exclu que Boko Haram s’attaque à de grandes métropoles. « Les terroristes, affaiblis militairement, utilisent des méthodes barbares et lâches », a-t-il affirmé.
Les populations civiles en paient le plus lourd tribut. Jean Baptiste Bokam en appelle finalement à une interconnexion entre gendarmeries africaines, notamment dans le cadre de la formation et du partage des renseignements afin de développer les capacités d’anticipation des forces de sécurité. « La sécurité précède, accompagne et consolide le développement », a-t-il conclu en appelant à « tordre le cou au jihadisme ».
avec Lesoleil

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