Des détails de la lettre qu’Alpha Condé a envoyée à Macky Sall pour l’interdiction de la Burqa
Le
chef de l’Etat guinéen a offert à son homologue sénégalais l’occasion
d’interdire le port du voile intégral dans toute l’espace de la Cedeao.
L’Observateur livre la teneur de la lettre que Alpha Condé a envoyée à
Macky Sall.
Son homologue, le
président de la République sœur de Guinée, Alpha Condé, l’a saisi d’une
lettre, non seulement pour mettre sa décision en application au Sénégal,
mais dans tout l’espace de la Communauté économique des Etats de
l’Afrique de l’Ouest (Cedeao).
Macky
Sall a un allié de taille dans sa guerre contre le terrorisme. Un
combat qu’il se veut sans quartier et qui avait motivé sa décision
d’interdire le port du voile intégral au Sénégal.
C’est en sa qualité de chef de l’Etat de
la Guinée que le Président Condé a envoyé une correspondance à Macky
Sall, Président en exercice de la Cedeao, pour proposer, au nom de son
pays, l’introduction de l’interdiction du port du voile intégral à
l’ordre du jour du prochain Sommet de la Cedeao.
Dans
la correspondance référencée 176-2015/Prg/Sg, en date du 23 novembre
2015, Alpha Condé justifie sa proposition par le fait que «dans la
sous-région, les terroristes agissent sous le couvert du voile intégral
pour commettre des attentats criminels contre de paisibles citoyens». Le Président guinéen est d’avis que «l’examen
de la question par les chefs d’Etat et de gouvernement donnera
l’occasion d’un échange approfondi, qui débouchera sur une décision
commune pour interdire le voile intégral dans toute l’espace de la
Cedeao».
Dr Alpha Condé a aussi justifié sa proposition par le constat alarmant qui dénote sa grande préoccupation suite à la «recrudescence des actes terroristes dans le monde et particulièrement dans notre sous-région». Une
situation qui, explique le Président guinéen, compromet gravement la
paix et la stabilité des Etats tout en hypothéquant leur développement
harmonieux et durable».
Une raison suffisante pour que Alpha Condé trouve nécessaire de «renforcer
l’action commune pour mieux participer aux combats de la communauté
internationale en vue de juguler ce fléau du terrorisme». De Macky Sall, président en exercice de la Cedeao, le chef de l’Etat de la Guinée attend une «adhésion» à la démarche, «dans la perspective de la consolidation de la stabilité et de la sécurité dans la sous-région». La balle est dans le camp de Macky Sall.
La
requête de Alpha Condé va sûrement trouver un écho favorable chez son
homologue sénégalais, car c’est Macky Sall qui avait été le premier à
émettre l’idée. C’était au dernier sommet Paix et Sécurité qui s’est
tenu à Dakar les 9 et 10 novembre derniers. Macky Sall ne s’est pas
caché pour dire ce qu’il pense du voile intégral.
«Le port de voile
intégral ne correspond ni à notre culture, ni à nos traditions, ni même à
notre conception de l’Islam. Nous devons avoir le courage de combattre
cette forme excessive de nous imposer une manière d’être. Nous ne
pouvons pas accepter qu’on nous impose des modèles venus, je ne sais
d’où.»
Cette position alors affichée par le chef de l’Etat était
motivée par l’alerte sonnée par les services de sécurité du Sénégal qui
avaient même fortement recommandé l’interdiction du voile intégral au
Sénégal. La mesure avait été prise et répercutée aux autorités
administratives et les forces de sécurité.
Lors de la réunion de
préparation du Magal de Touba, le ministre de l’Intérieur, Abdoulaye
Daouda Diallo, avait même expliqué le bien-fondé de la mesure, au nom de
la sécurité nationale. Mais, coup de théâtre, le chef de l’Etat, en
déplacement au Mali pour présenter ses condoléances, après l’attentat à
l’hôtel Radisson Blu de Bamako, rectifiait : «Le port du voile intégral n’est pas interdit au Sénégal.» Macky Sall n’avait pas tort d’ajouter : «Pour le moment.»

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