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Traitement miracle contre le cancer ? Ce qu’il faut savoir avant de succomber aux sirènes de l’immunothérapie

Une étude récemment publiée, et relayée dans la presse anglo-saxonne, montre des résultats encourageants sur le potentiel de l'immunothérapie dans le traitement de certains cancers. Mais ce sont les laboratoires, plutôt que les malades, qui s'en frottent les mains.

Atlantico : Selon cette récente étude, 60% des personnes traitées selon cette méthode auraient vu leur cancer régresser. L'immunothérapie serait-elle l'avenir de l'oncologie ?


Nicole Delépine : Précisons d’emblée pour nos lecteurs que vous citez des résultats préliminaires d’une revue non-médicale, au sujet de mélanome malin sans chiffrage du nombre des patients traités et des durées de rémissions etc., donc d’un flou artistique sur les informations fournies [1].

Néanmoins l’idée de l’immunothérapie dans le traitement du cancer reste passionnante mais n’est pas récente du tout. Elle date des années 50. En médecine sur une cinquantaine d’années, il est remarquable de voir les "mêmes" jeter aux chiens des hypothèses intéressantes, en insultant quasiment ceux qui explorent cette voie, et les voir ressortir, quelques décennies plus tard, comme une grande invention révolutionnaire (cf. le titre de l’article cité! ). J’invite ainsi les jeunes étudiants et médecins à ne pas rejeter (comme il leur est préconisé), la littérature médicale dite ringarde, qui date de plus de  4-5 ans, et au contraire de se plonger dans les publications anciennes singulièrement pour les sujets présentés comme neufs. Cela leur permettra de gagner du temps pour approfondir les voies actuelles dans le domaine sans surestimer leurs supériorités.

II y a plus de trente ans le professeur Georges Mathé, hémato-cancérologue et immunologiste à l’hôpital Paul Brousse (Villejuif), prônait la modulation immunitaire dans certains cancers après avoir été le premier à avoir réussi une greffe de moelle osseuse dans les années 50. Il fut largement moqué mais suivi par certains.[2]Il fit une synthèse encore en 2001 [3] de l’intérêt dans les rémissions à long terme des leucémies de l’enfant.

Cette approche s’est révélée utile dans certains cas de cancers (ostéosarcome [4], rein, vessie..) en particulier avec l’utilisation de l’interféron et de...

 



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