Wikipedia.com – Homme politique sénégalais, Chef du parti
sénégalais d’action socialiste (PSAS), Lamine Guèye ou Lamine Coura
Guèye est né le 20 septembre 1891 à Médine. Il est mort le 10 juin 1968 à
Dakar, soit 47 ans, jour pour jour.
Jeunesse et vie privée
Lamine Guèye nait le 20 septembre 1891 à Médine Soudan français
(actuel Mali) d’un père commerçant Birahim Guèye et de Coura Waly Cissé.
Il est issu d’une famille sénégalaise originaire de Saint-Louis, ce qui
en fait une des figures historiques de cette ville.
En 1930, il rencontre en France sa femme Marthe Dominique Lapalun (1896-1971) qui est d’origine guadeloupéenne :
leur fille Renée se marie avec un avocat ivoirien, Me Carlon ;
leur fils Iba devient avocat et s’illustre également au cinéma.
Sa formation
Il suit les études traditionnelles coraniques et entre en
maternelle en 1903. Il obtient le certificat d’études primaires en 1906,
puis le Brevet élémentaire en 1907 à l’École Faidherbe (École primaire
supérieure et commerciale). Il devient instituteur-stagiaire à l’école
Duval.
Il passe également une licence de mathématiques ce qui lui permet
d’être enseignant en classe de mathématique à l’École William Ponty à
Gorée. Il a comme élève, Félix Houphouët-Boigny. Il enseigne pendant dix
ans.
Lamine Guèye étudie le droit en France durant la Première Guerre
mondiale, devenant le premier juriste noir de l’Afrique française.
Docteur en droit, il possède aussi deux DESS : droit privé en 1919 et
droit romain en 1933.
Sa carrière juridique
Avocat
Il devient avocat auprès des tribunaux et cours d’appel de l’AOF. Il défend des amis politiques tels que :
Galandou Diouf au tribunal correctionnel contre Gaston Saucer
Amadou Dugay Clédor (maire de Saint-Louis) contre la Compagnie française de l’Afrique occidentale (CFAO)
Magistrat
Amadou Dugay Clédor l’aide à devenir magistrat en intervenant
auprès du gouverneur de l’AOF. Il devient magistrat en 1931 et sera
pendant 6 ans, président de Chambre correctionnelle. En février 1937, il
est nommé conseiller à la Cour d’appel de la Martinique.
En 1940, il quitte la magistrature pour redevenir avocat et rentre au Sénégal.
Sa carrière politique
Avec quelques camarades de l’Association Culturelle « Aurore de
Saint Louis » dont Abdoulaye BOYE, Alioune Marius NDOYE, Baka DIOP,
Youssoupha CAMARA, Badara NDIAYE Mame Penda et Pape Mar DIOP ils
fondèrent en 1912 le premier groupe de revendication politique d’Afrique
Noire dénommée « Jeunesse Sénégalaise».
Avec B. Diagne
De retour au Sénégal en 1922, il adhère à la SFIO en 1923.
En 1925, il devient maire de Saint-Louis. En 1924, il achète au
député François Carpot le journal L’AOF qui devient le support de ses
campagnes politiques. Mais cela n’est pas suffisant car il échoue :
aux élections législatives de 1928, battu par Blaise Diagne ;
aux élections municipales de 1929 ;
Déçu par ces revers politiques, il quitte le Sénégal pour occuper des fonctions de magistrat à l’île de la Réunion en 1931.
Blaise Diagne meurt en 1934. Un mouvement de jeunes étudiants
sénégalais1 lui écrit une lettre2 afin de l’inciter à revenir sur la
scène politique. Lamine Gueye se représente aux élections législatives
mais il est battu par Galandou Diouf.
En 1935, il réorganise le Parti socialiste sénégalais afin d’y
attirer la jeune élite sénégalaise (le PSS fut le premier parti
politique moderne de l’Afrique francophone). Le premier congrès de ce
parti se déroule au célèbre cinéma « Rex » sur la place de
l’indépendance.
En 1945, il se présente aux élections municipales de Dakar et
devient maire de Dakar avec son colistier L.S. Senghor. Il reste maire
de Dakar pendant seize ans.
Il devient sous-secrétaire d’État à la Présidence du Conseil du
gouvernement Léon Blum (3), du 16 décembre 1946 au 22 janvier 1947.
La loi française « Lamine Guèye »
En 1946, soutenu par la SFIO, Lamine Gueye remporta facilement la
représentation des communes urbaines. À l’Assemblée nationale, il est
l’auteur de la Loi Lamine Guèye, plus tard intégrée à la Constitution de
la Quatrième République, étendant la citoyenneté française aux
indigènes des colonies françaises.
La loi du 30 juin 1950 proclame l’égalité de traitements et
d’avantages de toutes sortes à tous les fonctionnaires civils et
militaires servant Outre-Mer, sans distinction de race, de religion ou
de statut. Mais les défenseurs de la monogamie redoutent que cela incite
à la polygamie à cause des allocations perçues par enfant dans les
familles polygames.
Avec L. S. Senghor
1948 fut l’année de la rupture entre Lamine Gueye et son protégé
Léopold Sédar Senghor qui crée le Bloc démocratique sénégalais (BDS).
Lamine Gueye a privilégié l’électorat des villes, tandis que Léopold
Sédar Senghor investit les campagnes, ce qui lui permet de constituer
une base électorale beaucoup plus large. 1958 vit la fusion du Parti
socialiste sénégalais (PSS) avec le premier Bloc populaire sénégalais
(BPS) de Léopold Sédar Senghor pour former l’Union progressiste
sénégalaise (UPS).
En 1951, il est battu aux élections législatives par Abbas Guèye (candidat senghoriste).
Il se retire involontairement en France afin de se soigner d’une
grave maladie. Durant ce séjour, il est nommé délégué de la France à la
représentation politique auprès des Nations unies.
Les indépendances
Il revient en 1957 et prend la tête du Mouvement socialiste
africain (MAS). Il devient directeur politique de la section locale
sénégalaise, le Parti sénégalais d’action socialiste (PSAS).
Du 8 juin 1958 au 15 juillet 1959, il devient sénateur de la Quatrième République française.
En 1958, dans le cadre des négociations de l’accès à
l’indépendance, il s’unit avec Senghor face aux autres dirigeants
africains qui favorisent l’autonomie pour chaque territoire de l’AOF
plutôt qu’une structure fédérative. Le Sénégal parvint ainsi à la
création de la Fédération du Mali regroupant le Mali et le Sénégal.
Le MSA et l’UPS fusionnent. Lamine Guèye devient directeur
politique de l’Union progressiste sénégalaise (UPS). Il fait son entrée
dans l’hémicycle comme député UPS à l’Assemblée constituante du Sénégal.
Puis il devient président de l’Assemblée nationale du Sénégal
indépendant.
En décembre 1962, de vives tensions opposent Senghor au président
du conseil Mamadou Dia : les députés vont venir se réunir chez Lamine
Guèye afin de destituer le gouvernement de Dia et sauver ainsi le régime
de Senghor.
Lamine Gueye maintient une intense activité politique au sein du
parti au pouvoir et reste président de l’Assemblée nationale jusqu’à sa
mort le 10 juin 1968 à Dakar. Il est enterré auprès de son unique fils
Iba, décédé en 1963.
Écrits
De la situation politique des Sénégalais originaires des communes
de plein exercice telle qu’elle résulte des lois des 19 octobre 1915, 29
septembre 1916 et de la jurisprudence antérieure. Conséquences au point
de vue du conflit des lois françaises et musulmanes en matière civile,
Université de Paris, Faculté de Droit, 1921 (Thèse)
Rapport : présenté par M. Lamine Gueye, … au sujet des projets et
propositions de loi tendant à fixer l’organisation et la compétence des
Assemblées de groupe en Afrique équatoriale française et Afrique
occidentale française, 1948
Étapes et perspectives de l’Union Française, Paris, 1955
Itinéraire africain, Paris, Présence africaine, 1966
Notes et références
↑ Léopold Sédar Senghor, Docteur Birago Diop, ou encore Amadou Karim Guèye
↑ « Cher compatriote, la mort de Blaise Diagne jette le Sénégal
dans une confusion sans précédent. La réaction, épaulée par les
politiciens de profession, se camoufle et se prépare à nous arracher les
quelques libertés qui nous restent sur la terre africaine.
Votre
programme et votre section politiques nous sont encore présents dans la
mémoire. Nous vous supplions aujourd’hui de sortir de votre retraite et
de vous présenter devant le corps électoral avec votre programme de
redressement politique et intellectuel et économique. »
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