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À 14 ans, Alyshia supplie: "N'exécutez pas celui qui a fait de moi une orpheline"


© Fox News.

Alyshia Strong porte bien son nom. Cette adolescente de Saint Louis est orpheline de fait depuis l'an 2000 lorsque son père a assassiné sa mère et sa demi-soeur dans leur appartement suite à une violente dispute. Il n'avait pas fait de mal à sa fille de 3 mois présente lors des faits. À quelques heures de l'exécution de son père, Alyshia aujourd'hui âgée de 14 ans supplie le gouverneur de commuer sa peine.


Alyshia n'a aucun souvenir de vie de famille. Son existence est un combat, un parcours semé d'embûches et de solitude malgré l'amour de sa grand-mère. Sa douleur, elle la doit entièrement à son père Richard, 48 ans, incarcéré dans une prison depuis quinze ans et condamné à la peine de mort par injection létale. L'exécution est prévue à 18h ce mardi.

L'adolescente appelle le gouverneur Nixon à la clémence envers son père. "C'est difficile de traverser tout cela à mon âge et vivre avec l'idée que dans quelques heures, peut-être que mon père ne sera plus là non plus", confie-t-elle. Une réaction normale de la part d'un enfant, si le motif de sa condamnation n'était pas le meurtre d'Eva Washington, mère d'Alyshia, et de Zandrea Thomas, sa demi-soeur de deux ans (née d'une précédente union de sa maman).

La dispute de trop
Le 23 octobre 2000, en effet, au terme d'une énième dispute explosive dans leur petit appartement de la banlieue de Saint Louis dans le Missouri, Richard Strong avait poignardé à mort sa compagne Eva et la fillette de celle-ci. Un grand couteau de boucher avait été retrouvé sur les lieux, sur le lit conjugal, dans un bain de sang à côté duquel était restée Alyshia, alors âgée de trois mois. Dans sa folie sanguinaire, Richard Strong avait épargné leur bébé. "Une histoire de violence domestique", avait résumé la police dont les enquêteurs les plus aguerris avaient été traumatisés par la tristesse de la scène.

Pardon
Alyshia a tout perdu ce jour-là avec la mort de sa mère et de sa soeur mais aussi avec l'incarcération de son père. Elle a grandi avec la quasi certitude que son père serait exécuté un jour pour ses crimes. L'enfant a cependant mûri très tôt et a décidé de pardonner à celui qui lui avait tout enlevé. Elle rend régulièrement visite à son père à la prison de Potosi, où il attend son sort dans le couloir de la mort. Elle affirme que son père joue un rôle important dans sa vie et la conseille avec justesse.

Remords et dépression
"Il a toujours été là pour moi. C'est le seul parent survivant que j'aie et je lutte pour survivre. Le voir rester en vie m'aiderait", résume-t-elle. L'avocate de Richard Strong, Jennifer Herndon, a usé de toutes les voies de recours pour que sa peine capitale soit commuée. Elle a introduit des appels auprès de la Cour suprême, l'un pour erreur de procédure, l'autre en raison de la profonde dépression du condamné qui empêche selon elle son exécution. "Mon client est pétri de remords pour ses crimes. Lui comme Eva Washington campaient avec des maladies mentales qui provoquaient des disputes très fréquentes. Ce n'était pas une relation saine. Il a juste perdu le contrôle", a-t-elle plaidé.

Vraie victime de la sentence de son père
Alyshia Strong, quant à elle, a été placée dans la famille de sa mère après la tuerie. Elle a grandi auprès de sa grand-mère maternelle qu'elle appelle aujourd'hui "Maman". Son entourage, qui a pourtant perdu Eva et sa première fille, ne l'a visiblement pas encouragée à vivre dans la haine et la rancoeur. Alyshia a donc écrit au gouverneur qu'il devait absolument épargner son père pour lui éviter de perdre à nouveau un être cher. Celui de trop. "Je comprends que mon père doit assumer les conséquences et payer pour ses actes, mais je ne pense pas qu'il soit juste que je doive perdre mon père. C'est moi que l'on punit encore".

Prise de conscience et conseils judicieux
Elle fait également part dans sa lettre d'une discussion avec son père lorsqu'elle lui a parlé d'une bagarre à laquelle elle avait été mêlée. "Il était déçu de savoir ce que j'avais fait et m'a dit qu'il aurait cru que moi, j'étais capable de trouver un meilleur moyen que la violence pour résoudre mes problèmes". "Il m'a dit que je devais me tenir à l'égard des coups d'éclat qui ont lieu à l'école et que je devais rester concentrée sur mes études, pas sur les gens. Je l'ai écouté, et honnêtement sans les conseils de mon père, j'aurais eu bien plus de problèmes que ça à l'école", a-t-elle poursuivi afin de démontrer qu'il a une influence positive sur elle et a tiré les enseignements de ses crimes.

Interdite d'assister à l'exécution
Le porte-parole du gouverneur Jay Nixon a confirmé à l'AP que la demande de grâce était actuellement à l'étude mais l'exécution est toujours prévue pour dans quelques heures. Alyshia ne pourra de toutes façons pas y assister car elle est toujours mineure. "Mais en tant que victime, j'aurai le droit d'être présente dans une salle attenante pour le soutenir", explique-t-elle. L'ado a également écrit une lettre poignante à son père, à qui elle fait une véritable déclaration d'amour. Son contenu a été relayé sur Twitter par les nombreux militants contre la peine de mort aux USA.

Inflexibilité
Si elle a lieu, l'exécution sera la quatrième cette année au Missouri, ce qui fait de cet État l'un des plus sévères sur la peine de mort, après le Texas qui a déjà exécuté huit détenus en 2015. L'an dernier, les deux États avaient appliqué la peine capitale sur dix condamnés chacun.

avec Source: Fox News, USnews

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