[Dossier spécial] - An 3 de Macky Sall (Sénégal) : Le temps des réalisations
25 mars 2012-25 mars 2015. Voilà trois ans que le président de la République, Macky Sall, accédait à la tête de la magistrature suprême en remportant les élections, au 2ème tour, devant le chef de l'Etat sortant, Me Abdoulaye Wade. Après les deux premières années marquées par une rupture et un retour aux fortes valeurs républicaines, c'est le temps des réalisations.
Des actes concrets ont été posés pour répondre aux aspirations du peuple sénégalais qui avait choisi le changement. Déjà, entre la fin de l'année 2014 et le début de 2015, de grands pas ont été faits dans le domaine des réalisations à l'intérieur du pays. De grands chantiers ont été ouverts et d'autres livrés comme le Centre international de conférences Abdou Diouf de Diamniadio, la mise à la disposition de deux nouveaux bateaux « Aguène » et « Diambogne » pour désenclaver la capitale du Sud, les nouveaux hôpitaux de Ziguinchor, etc. La pose de la première pierre de l'autoroute Ila Touba et de la future université de Dakar, la reprise de nombreux chantiers mis en veilleuse depuis plus d'une décennie, sont autant de projets qui vont impacter sur la vie des populations au cours des prochaines années.
Macky Sall
Un leadership innovant et rassurant ! Il est jeune et plein de volonté.
Une volonté du reste contrôlée et des ambitions circonspectes pour avoir décidé de mettre l'accent sur les questions de développement, de bonne gouvernance, de paix et de sécurité. Président en exercice de la Conférence des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Organisation internationale de la Francophonie dont le dernier Sommet, à Dakar, a battu le record de participation, grâce à son leadership, le président Macky Sall a su, jusque-là, faire montre son sens avéré de leadership pointu à tout point de vue.
A son accession à la magistrature suprême de notre pays, le président Macky Sall, en axant sa politique sur les notions de bonne gouvernance, d'efficience, d'efficacité, de transparence dans la gestion des fonds publics, prenait rendez-vous avec le destin tant aux niveaux sous-régional qu'international.
Un destin couronné par une confiance tout azimut de la plupart de ses pairs et d'institutions internationales.
Entre reconnaissances, distinctions et confiance placées en sa personne, le président Macky Sall continue d'occuper les devants de la scène sous-régionale et internationale. Soutenu en cela par sa vision de faire de notre pays un Sénégal émergent, avec un accent sur les valeurs de bonne gouvernance, il s'est, dès lors, forgé « naturellement », une image solide et « réconfortante», une image de leadership avéré à bien des égards pour mériter des témoignages «poignants». On se rappelle que le président de la Fondation Mo Ibrahim a salué son leadership en ces termes «les actes posés par le président Macky Sall renforcent la démocratie, la bonne gouvernance et la transparence au Sénégal. Le leadership du président Sall, en Afrique, est un signal fort pour la consolidation d'un Etat de droit et un exemple pour les leaders africains », avait-il poursuivi.
On se souvient surtout de sa désignation par ses pairs africains à la tête du groupe de contact qui était chargé de conduire la médiation au Burkina Faso, en vue d'une transition civile apaisée à l'issue de la crise qu'a connue ce pays, après le départ de Blaise Compaoré du pouvoir. Ce qui, du reste, a été couronné d'un succès éclatant et reconnu en sa personne. Pas seulement au profit du peuple du Faso mais également de toute la sous-région qui est en proie à la menace d'une instabilité résultant de la menace terroriste. Alors que tout présageait des lendemains politiques et socio-institutionnels incertains dans ce pays, partant dans la sous-région. Le récent Prix international méditerrané pour la Paix qui lui a été décerné par l'Organisation internationale pour les relations diplomatiques (Oird), le distingue aussi, à suffisance, dans cette posture de leadership insoupçonné dans la promotion de la paix et de la sécurité en Afrique et dans le monde. L'autre leadership, puisse-t-il être qualifié de «diplomatique» lui a ouvert de grandes portes à travers des voyages et des contacts différents avec des chefs d'Etat de tous les horizons.
Décidément, la diplomatie sénégalaise qui a connu un sacré coup dans un passé récent, séduit de nouveau.
CEREMONIE DE LEVEE DES COULEURS AU PALAIS : L'ancrage d'un rendez-vous républicain
Eduquer son peuple par l'exemple ! C'est la méthode que le président Macky Sall a choisi pour montrer aux concitoyens la voix à suivre dans le respect et la préservation des valeurs civiques et républicaines. Voilà deux ans que le chef de l'Etat préside, régulièrement, le premier lundi du mois, la cérémonie solennelle de levée des couleurs nationales dans les jardins du Palais de la République en présence de l'ensemble des membres du gouvernement avec, à la tête, le Premier ministre et des hautes autorités militaires.
La gestion des affaires de la République ne signifie pas seulement s'occuper des questions d'ordres économiques, sociales, politiques ou sécuritaires. Il y a aussi des questions immatérielles comme le civisme ou encore l'éducation populaire. C'est ce que le président de la République a compris pour instituer, dès son accession à la Magistrature suprême, une cérémonie solennelle de levée des couleurs nationales tous les premiers lundi de chaque mois du calendrier grégorien. C'est ainsi qu'au cours d'une réunion du Conseil des ministres tenue le 11 janvier 2013, Macky Sall avait officiellement annoncé sa décision d'organiser une cérémonie destinée à rendre les honneurs au drapeau national dans l'enceinte du palais de la République.
Très préoccupé par la question du civisme chez nos compatriotes, le chef de l'Etat avait réaffirmé sa détermination à restaurer, avec l'ensemble des Sénégalais, l'esprit et les valeurs du patriotisme, sans oublier d'indiquer qu'il appartenait au gouvernement d'en donner le signal et d'en incarner toujours le sens. Pour marquer sa détermination, le président avait pris le soin de préciser, dans le communiqué du Conseil des ministres, qu'en cas d'absence du territoire, le Premier ministre se chargera de son organisation sur le parvis du Building administratif. Cette cérémonie qui a fini de montrer son utilité, est une belle occasion, pour le chef de l'Etat, non seulement de rappeler l'importance des symboles de la République mais aussi un moment fort de communion, autour du drapeau, entre différents segments de la Nation comme les enfants de la Case des Tout-petits et les plus hauts représentants du pays.
CONSEILS DES MINISTRES DELOCALISES : L'Etat veut être à l'écoute des populations
L'idée du chef de l'Etat d'initier des Conseils des ministres délocalisés précédés par des Conseils interministériels dans une capitale régionale, a été généreusement accueillie par les populations. Il s'agit, pour le gouvernement, d'être plus proche des réalités locales mais surtout à l'écoute des populations.
Depuis les gouvernements des présidents Léopold Senghor à Abdoulaye Wade, en passant par Abdou Diouf, seules des tournées économiques ou campagnes sur des domaines spécifiques étaient organisées. Quelques rares conseils interministériels ou comités régionaux de développement spéciaux se tenaient par nécessité en présence du Premier ministre ou d'un membre du gouvernement désigné. Il était rare, pour les populations, de voir des conseils délocalisés. En plus du caractère solennel de la réunion de ces instances, les villes visitées ont connu un plus dans leur économie. Le dernier cas est Sédhiou où les infrastructures d'accueil des hôtes ont fait défaut d'où le repli tous les soirs vers Kolda. A chaque Conseil délocalisé, l'Etat découvre les potentialités qui s'offrent à la région. Mieux, ces rencontres permettent de connaître directement les préoccupations des populations à qui des projets sont présentés à partir des besoins exprimés à la base. L'utilité de construire une infrastructure de base comme un hôpital, un lycée voire un centre régional universitaire, est exprimée directement par les populations qui permettent à l'Etat de mieux orienter ses priorités. Il ne s'agit plus de définir celles-ci à partir des bureaux des services centraux et mettre les administrés devant le fait accompli. C'est d'abord à eux d'apprécier et d'exprimer leurs besoins d'où la pérennité de l'infrastructure à mettre en place.
Mettre en œuvre les engagements du gouvernement
Récemment, devant la représentation parlementaire, le Premier ministre, Mahammad Boune Abdallah Dionne, indiquait que le gouvernement était orienté vers le résultat. « Tous les engagements pris par le chef de l'Etat, dans les régions où se sont tenus les conseils des ministres délocalisés, sont à mettre en œuvre par le gouvernement », avait rassuré le Premier ministre. Tous les ministres concernés suivent l'exécution des engagements pris dans les différentes localités. Dans la région de Saint-Louis qui a été la première à accueillir le conseil délocalisé, le niveau d'exécution des engagements de l'Etat est de 158 milliards de FCfa sur 306,728 annoncés, soit un taux de 52 %. La capitale du Sud dont les premiers fruits ont été récoltés récemment lors de la tournée présidentielle se situe à 35 %. Le Premier ministre avait confirmé que Diourbel est à 28 % ; 46 % pour Louga ; 70 % pour Kolda ; 43 % pour Tambacounda ; 38 % pour Kaolack ; 20 % pour Thiès, 159 % pour Matam, tandis que Kédougou a un taux d'absorption de 14 %.
Pour confirmer les propos de son chef du gouvernement, le chef de l'Etat avait déclaré, à Kolda, que le financement des différents projets de relance des activités socioéconomiques annoncées depuis la tenue des conseils des ministres délocalisés en juin 2012 a été trouvé à 60 %. Depuis le début de la tenue des conseils des ministres délocalisés en juin 2012, l'engagement, à Saint-Louis, était de 350,700 milliards de FCfa, Kaolack 254 milliards de FCfa, Diourbel 209 milliards de FCfa, 360 milliards de FCfa pour Ziguinchor, 100 milliards de FCfa pour Louga, 126 milliards de FCfa pour Matam et 204,500 milliards de FCFa pour Kolda. Confirmant ses engagements pour développer l'intérieur du pays, le président Macky Sall soulignait que «cela fait, un total de 1.500, 62 milliards de FCfa que nous allons réalisés dans le Programme triennal d'investissements prioritaires (Ptip) ». Il ajoute : « Je vous rappelle que, dans la Stratégie nationale de développement économique et social, le Sénégal va mobiliser plus de 5.000 milliards ». C'est au mois de février, à Paris, en France, à travers un groupe consultatif, que le Sénégal a pu finaliser la globalité de ce financement. « La question n'est pas des montants dont on fait l'engagement, mais la rapidité avec laquelle le gouvernement devra consommer ces crédits et mettre en œuvre les investissements ainsi indiqués au profit des populations sénégalaises », avait insisté le président Macky Sall.
ACTE 3 DE LA DÉCENTRALISATION : Un pari pour restaurer les déséquilibres et les potentialités
Le président de la République Macky Sall a fait de la restauration du déséquilibre et des potentialités, son cheval de bataille. C'est ce qui explique en partie la mise en œuvre de la Réforme de l'Acte 3 de la décentralisation.
La suppression des Régions, l'érection des départements comme collectivités locales, et la communalisation intégrale des communautés rurales, ont changé le décor au sein des territoires. La mise en œuvre de l'Acte 3 de la décentralisation est passée par là. Malgré les débats qui ont suivi la décision du chef de l'Etat de supprimer les régions et les élections locales qui ont tracé une nouvelle carte de 557 communes et 42 départements au Sénégal, la réforme en tant que processus perfectible est en cours. Entretemps, la réforme de l'Acte 3 est devenue une loi de la République, puisqu'elle a été l'objet d'un vote à l'Assemblée nationale. Ce qui fera dire au ministre El Hadj Omar Youm que « l'Etat et ses démembrements doivent se donner la pleine mesure de l'appropriation de cette réforme et de sa mise en œuvre, et l'appliquer comme une loi de l'Etat».
Pour ce dernier, cela exige une réorientation dans les comportements, dans les relations entre les exécutifs locaux, les élus, l'administration territoriale et financière, mais aussi dans les rapports entre élus et l'Etat du Sénégal. Dans ce processus continu, les problèmes n'ont pas manqué. Nous citerons, à cet effet, la réinsertion des travailleurs des collectivités locales due au réaménagement intervenu dans l'ordre des collectivités locales. L'on notera aussi, le découpage territorial et le manque notoire de ressources des collectivités locales appelées aujourd'hui à trouver des sources de financements innovants. C'est pourquoi, plusieurs propositions ont été faites par le comité national de pilotage pour apporter des avancées dans la mise en œuvre de la réforme. Ces propositions portent sur l'organisation territoriale qui pourrait offrir trois ordres de collectivités locales.
En sus des communes et des départements, le pôle territoire pourrait être la nouvelle assise du développement durable et du rayonnement des territoires. Ces pôles territoires seront issus du pôle de regroupement des départements qui devraient prendre la place des régions afin de faciliter l'appropriation par les populations. Du côté de l'échelle des gouvernances, outre l'élargissement des compétences du Conseil national des collectivités locales, il est envisageable, selon le comité national de pilotage de la réforme conduite par le Pr Ismaila Madior Fall, de créer des Ard (agence régionale de développement) par pôle ; de renforcer les structures de contrôle et de légalité de la gestion ; de créer une structure d'information et de sensibilisation de la société civile ; et de mettre en place un mécanisme de contrôle des financements. Last but not least, la recherche de financements innovants notamment le réaménagement relatif du transfert d'une partie de la fiscalité d'Etat aux collectivités locales ; la création d'un nouveau fonds qui pourrait comporter plusieurs guichets destinés à prendre en charge les nouvelles orientations induites par la territorialisation des politiques publiques ; enfin le retour aux délégations publiques appuyées sur des mécanismes de financements innovants pourrait être envisagé pour améliorer les finances des collectivités locales.
Proximité avec le peuple
Il y a trois ans, les Sénégalais portaient à la tête de l'Etat, par une majorité de 65 %, Macky Sall, premier président de la République né après l'indépendance. Elu dans un contexte de fort marasme économique et moral, celui qui est perçu par le peuple comme étant « modeste et poli » (ce qui lui a valu beaucoup de voix) n'a pas mis beaucoup de temps pour se mettre dans ses habits présidentiels. Habité par une grande fibre populaire, Macky Sall a voulu d'abord venir au secours des couches sociales les plus faibles. En effet, avant d'être porté au Palais de la République, il a parcouru le pays de long en large, séjourné dans 4000 villages et hameaux, discuté et mangé avec les plus pauvres. C'est cette connaissance intime du Sénégal des profondeurs et de la pauvreté qu'il a vue de ses propres yeux, dans les localités déshéritées, qui va orienter ses choix économiques vers un modèle de développement intégrant la protection sociale des plus démunis. C'est ce qui explique les bourses de sécurité familiale, la Couverture maladie universelle, la baisse des loyers et des prix des denrées de première nécessité...
Malgré ses lourdes responsabilités, Macky Sall est un président qui ne se contente pas de rester dans son Palais et à lire les rapports pour connaître la situation à l'intérieur du pays. Bien au contraire, il aime aller à la rencontre des populations, prendre des bains de foule, écouter leurs doléances et proposer des solutions.
A l'occasion des tournées, des conseils des ministres délocalisés dans les régions, il descend sur le terrain, arpente les champs, les rizières, parle avec les paysans, les éleveurs, les artisans et d'autres segments de la société. C'est cela qui a forgé son image de « président proche de son peuple ». Les gens sentent qu'entre eux et lui, il n'y a pas cette barrière qui habituellement les tient à distance du chef de l'Etat ; ils se reconnaissent en lui, et c'est la raison pour laquelle il draine beaucoup de foules lors de ses déplacements.
Ce qu'il est convenu d'appeler la méthode Macky Sall, c'est aussi l'efficacité, en bon ingénieur qu'il est. Pragmatique, il s'attaque directement aux problèmes pour leur trouver une solution. On sent en lui une grande ambition pour le Sénégal. Aussi a-t-il lancé le Plan Sénégal émergent (Pse) qui, à l'horizon 2035, devrait faire de notre pays une nation émergente. La gouvernance sobre et vertueuse est son crédo. Il veut introduire les ruptures nécessaires pour sortir le pays du sous-développement, même si les forces d'inertie sont encore puissantes. Il veut une République avec des citoyens conscients de leurs droits mais aussi de leurs devoirs, une justice équitable pour tous, une école en phase avec les réalités du monde moderne et le culte du travail, seul capable de nous sortir du sous-développement. Il s'est lancé un défi prométhéen : parvenir à l'autosuffisance en riz en 2017. Ayant bien compris le fonctionnement du champ politique sénégalais, caractérisé par des postures politiciennes, des querelles de clocher, Macky Sall a voulu être un président au-dessus de la mêlée en se concentrant sur la conduite du bateau Sénégal sans perdre son temps. C'est ce qui explique, malgré la virulence des attaques qu'il subit de la part de certains opposants, qu'il n'a jamais cherché à répliquer. Tout au plus, ce sont ses partisans qui le font. Cette sérénité est très appréciée par la plupart des Sénégalais.
Sur le plan extérieur, Macky Sall veut donner l'image d'une nouvelle Afrique avec de nouveaux leaders attachés aux intérêts du continent et qui veulent faire bouger les choses. Il tient un discours où il dit des vérités sans caresser dans le sens du poil. Convaincu que c'est l'union qui fera la force du continent, il se bat pour les grandes infrastructures au niveau continental, régional et sous-régional, sans oublier le volet national. Même s'il n'a fait que trois ans à la tête du pays, il est respecté et considéré par ses pairs comme un président qui ne manque pas d'idées et peut aider dans la recherche des solutions aux problèmes du continent. Cela explique les différentes missions qui lui ont été confiées en Afrique et dont il s'est acquitté jusqu'ici avec succès.
L'infrastructure morale dans l'agenda citoyen
Voilà un des cadeaux que la démocratie est capable d'offrir : un enfant naît dans ce pays, y grandit, y fait des études, gravit les échelons de l'Administration et devient une sommité de l'espace public. C'est ce que l'on appelle l'ascenseur social. Les mécanismes de fonctionnement ne déparent pas le champ politique : son moteur fonctionne à l'énergie de l'égalité des chances, sa cabine prend les contours de l'espace public, le contrepoids est représenté par le pluralisme médiatique et politique, le frein, les câbles et les amortisseurs ont les propriétés de la juste mesure des libertés et de leur exercice à la lumière des principes de Droit. Dans la « cabine », l'humble citoyen cohabite harmonieusement avec l'enfant des classes aisées. Cet ascenseur social (possibilité pour tout citoyen d'accomplir ses rêves en République) supplante la reproduction sociale (la chaîne de transmission des positions stratégiques dans l'appareil d'Etat et dans les secteurs de la production, des riches à leurs enfants). La trajectoire du citoyen Macky Sall, devenu président, est le miroir des promotions possibles lorsque se rencontrent l'ambition personnelle et le destin. Le message est clair : ici, il est possible de se réaliser.
Naturellement, la société démocratique, selon le modèle défini par la deuxième alternance de 2012, relèvera d'une révolution mentale. Le rapport à la République s'inscrit dans une perpétuelle épreuve de loyauté avec les institutions, le bien public et la relation au travail. Dans cette perspective, le citoyen n'est pas un instrument d'accaparement des moyens et organes d'intervention publics. Il incarne une pratique républicaine faisant de la politique non pas un facteur de promotion personnelle, mais un instrument de transformation sociale. Produit d'un long processus de conquêtes démocratiques de Senghor à Me Wade, le contexte de l'après-23 juin 2011 a jeté les balises d'un printemps de la citoyenneté : un droit de regard sur la gouvernance, une société civile érigée en sentinelle, l'affirmation de la souveraineté du peuple, la crédibilité des gouvernants et un espace public pluriel. En 2012, ces socles de la gouvernance alternative sont présentés sous l'appellation générique de « Rupture ». La capacité de résilience du peuple sénégalais est sollicitée à travers les « comptes de la Nation », l'éthique, la sobriété, la solidarité et l'efficience.
La construction nationale accorde donc une place de choix au redressement moral. La conviction est que, sans des ressources humaines bien formées et jalouses des valeurs d'éthique, aucune œuvre de construction nationale ne peut entrevoir la possibilité d'un avenir radieux. La leçon est retenue : plus que la demande sociale, la prise en charge des demandes citoyennes a mobilisé des milliers de Sénégalais. Le béton a montré ses limites dans le processus d'appropriation, par les populations, de la feuille de route des pouvoirs publics. En plus de l'accès à l'énergie et à l'eau, à l'éducation de qualité, aux services de santé, l'agenda du peuple comporte le respect des institutions de la République, de la parole donnée (« Wax waxeet »), de la liberté d'entreprendre (déboire d'hommes d'affaires), de la redistribution équitable des richesses nationales, etc. Les infrastructures morales sont les éléments structurants d'un nouvel ordre éthique. Sa structure n'est pas solidifiée par une matière solide, en ciment ou en acier. Il s'agit d'un échafaudage conçu sur la base de valeurs essentielles.
Ce nouvel ordre moral induit également l'ère du président citoyen. Le chef de l'Etat est une construction institutionnelle qui n'est pas, en droits et en devoirs, au-dessus des autres citoyens, hormis le privilège (quel fardeau parfois !) d'être le dépositaire de la légitimité populaire. Macky Sall résume la charge en un mot : « Servir ». L'action publique rime nécessairement avec l'inventaire. Dans une telle perspective, l'imputabilité des dirigeants est l'expression juridique de l'exigence de probité. C'est une promesse de règne de la méritocratie et le déclin annoncé des arrangements politiques autour d'un préjudice fait aux contribuables.
Le profil psychologique du Sénégalais est cerné par le chef de l'Etat. Lançant les travaux de l'université républicaine en octobre dernier, il vantait les valeurs d'humilité. Il mettait le curseur sur l'oisiveté et les palabres. Il vantait les vertus du respect de la hiérarchie. Le culte du travail est une ressource capitale pour l'Emergence. Toutefois, l'exigence de probité n'est pas une voie à sens unique. La citoyenneté active et engage les gouvernants et les gouvernés autour d'un idéal. Il existe un axe du bonheur : l'élan fusionnel qui porte un président citoyen vers des citoyens modèles.
Forces et faiblesses de l'Acte 3 de la décentralisation : Des préjudices liés à la mise en place tardive des fonds de dotation
Les élus locaux et ruraux de la région Nord sont actuellement confrontés à d'énormes difficultés pour faire face aux charges relatives au fonctionnement des collectivités locales. Si certains estiment que la réforme administrative relative à l'Acte 3 de la décentralisation est pertinente, dans la mesure où la communalisation permettra de prendre en charge les nouvelles problématiques du développement, d'autres soutiennent que toutes les collectivités locales ne peuvent encore rien faire.
Selon le maire de la commune de Fass-Ngom, Aliou Sarr, « actuellement, tout est bloqué, même les salaires des agents de cette commune ne sont pas encore payés, nous ne pouvons rien obtenir des services du Trésor public, parce que tout simplement on nous fait savoir que les fonds de dotation de la décentralisation ne sont pas encore mis en place ».
Cet ancien président de la communauté rurale de Fass-Ngom, qui s'est substitué à lui-même pour occuper le poste de premier maire de la commune de Fass, déplore, avec la dernière énergie, le fait qu'il ne puisse pas, à l'instar des autres maires sénégalais, percevoir ses indemnités, « confirmant tout simplement que les lenteurs administratives notées dans la mise en œuvre de cette réforme administrative, causent de lourds préjudices aux collectivités locales ».
Cependant, Aliou Sarr fait partie des nombreux maires qui reconnaissent néanmoins qu'avec cet Acte 3, « nous aurons maintenant la possibilité, au même titre que les maires des anciennes communes, de recruter du personnel, de collaborer avec l'agence de développement municipal, de développer la coopération décentralisée, de disposer de fonds de dotation qui nous permettront de gérer les préoccupations d'un nombre d'habitants raisonnable ».
A Gandon, une autre commune située à quelques encablures de celle de Fass-Ngom, un conseiller municipal nouvellement élu, P. Birima Gaye, soutient que le problème du redécoupage administratif traumatise actuellement les populations. Ce redécoupage, a-t-il précisé, « va entraîner, à coup sûr, des conséquences désastreuses, dans la mesure où certains villages seront rattachés à certaines communes qui ne les arrangent pas, il y aura des grincements de dents, l'Etat doit nous expliquer les voies et moyens qu'il compte mettre en œuvre pour appliquer cette réforme et mettre à notre disposition tous les documents dont nous avons besoin pour comprendre les enjeux et les perspectives de ce projet ».
De l'avis de deux conseillers municipaux rencontrés au marché hebdomadaire de Mpal, « il faut que l'Etat, les responsables des collectivités locales et autres partenaires, réfléchissent sur le manque de ressources financières internes constatées dans certaines communes comme Mpal où, en dehors du marché hebdomadaire du vendredi, ne dispose d'aucune autre source de revenus.
Une situation qui va toujours l'empêcher d'accomplir la mission qui lui est dévolue dans la gestion des compétences transférées aux collectivités locales ».
Ces derniers ont requis l'anonymat pour rappeler qu'il y aura des différences entre les communes.
Surtout entre les communes nanties et celles qui sont démunies, qui ne sont pas encore connectées au réseau électrique, qui ne bénéficient pas de projets d'adduction d'eau potable, qui ne sont pas conformes à la carte sanitaire (n'ont aucune structure sanitaire), etc.
Nos interlocuteurs se sont réjouis néanmoins du fait que les communes issues du redécoupage des communautés rurales et les anciennes communes puissent désormais évoluer à bases égalitaires et gérer directement certains services de base, concernant notamment, l'éclairage public, la gestion quotidienne du ramassage des ordures et de l'éclairage public.
Il y aura forcément un changement de mentalité car, la notion de ruralité va disparaître. Cette réforme administrative permettra de mettre un terme aux injustices, discriminations, aux complexes entre les collectivités locales.
Selon Dieynaba Sow, conseillère municipale à Ndiébéne Gandiole, avec la départementalisation, il sera plus facile, pour le président du conseil départemental, de gérer son département érigé en collectivité locale. Là, il ne sera plus question d'entendre un citoyen qui vit dans un village très reculé et enclavé, dire qu'il ne connaît pas ou qu'il n'a jamais vu le président du conseil départemental.
Hausse constante des fonds des collectivites locales : Plus de 4 milliards de FCfa à partager
Les fonds de la décentralisation ont sensiblement augmenté de plus de 4 milliards de nos francs, compte tenu de la réforme de l'Acte 3 qui a porté les collectivités locales au nombre de 599 et qui, dans sa mise en œuvre, augmente les missions assignées aux communes et départements. C'est une enveloppe de 35 410 571 000 de F Cfa qui a été allouée, cette année, pour le Fonds de dotation de la décentralisation (Ddd) et le Fonds d'équipement des collectivités locales (Fecl). La réunion du Conseil national de développement des collectivités locales en a décidé ainsi. Une répartition en grande masse aux structures ayant droit. Il s'agit, en réalité, de la somme de 35 410 571 000 de F Cfa contre le montant de 30 960 000 000 de F Cfa de 2014, soit une hausse de 4,450 milliards de nos francs. Une hausse qui s'explique par les changements intervenus par la réforme de l'Acte 3, mais aussi par la nouvelle configuration après la suppression des régions qui porte à 599 le nombre de collectivités locales. Une situation qui a poussé, dans la répartition, le Conseil national de développement des collectivités locales à faire une affectation d'une somme de 20 410 571 000 de F Cfa au Fonds de dotation de la décentralisation contre 18 410 571 000 de F Cfa en 2014, soit une augmentation de 2 milliards en valeur absolue et de 10,86 % en valeur relative.
Pour ce qui est du Fonds d'équipement des collectivités locales (Fecl), il est passé de 12 550 000 000 de F Cfa en 2014 à 15 000 000 000 de F Cfa en 2015, soit une augmentation de 2,450 000 000 milliards de nos francs en valeur absolue et de 19,52 % en valeur relative. Pour les autorités de l'Etat, c'est une manière de recentrer les fonds au bénéfice des collectivités locales qui ont demandé, pour leur part, la mise à disposition de ces fonds avant le 31 mars 2015. Quid de cette répartition en masse des fonds des collectivités locales ? Il a été tenu compte des rapports des différents acteurs de la décentralisation ; sur la dévolution du patrimoine et du redéploiement du personnel des anciennes villes et régions ; de la taille démographique de chaque collectivité locale ; et du niveau d'équipement des collectivités locales...
AN 3 du président Macky Sall : Les populations de Ziguinchor satisfaites des réalisations
Les trois années du président de la République, Macky Sall, sont bien appréciées dans la région de Ziguinchor. Pour les populations, le chef de l'Etat est en train de poser des « actes forts », démontrant sa détermination à accélérer le développement de cette partie Sud du Sénégal.
Les trois années du président de la République, Macky Sall, sont bien appréciées dans la région de Ziguinchor. Pour les populations, le chef de l'Etat est en train de poser des « actes forts », démontrant sa détermination à accélérer le développement de cette partie Sud du Sénégal. Selon cet opérateur économique, Mamadou Khouma, qui s'active dans la filière anacarde, depuis que Macky Sall est arrivé au pouvoir, en 2012, Ziguinchor a changé de visage « dans le bon sens, dit-il, au regard des réalisations qui y ont été faites ». Lesquelles, à son avis, sont en train de contribuer grandement à l'amélioration du mieux-être des populations, ouvrant à ces dernières de belles perspectives d'avenir socioprofessionnel très enviables.
A titre illustratif, notre interlocuteur a cité les deux navires, Aguéne et Diambogne, que le président de la République a inauguré en février dernier, « et qui, a souligné Mamadou Khouma, participent actuellement à l'amélioration de la mobilité des personnes et des biens, entre Ziguinchor et Dakar, par la voie fluviomaritime ».
Pour sa part, la dame, « bana bana », Oulimata Diémé, s'est félicitée de la mise en service, le mois passé, par le chef de l'Etat, du complexe frigorifique d'une capacité de 2 000 tonnes, soulignant que cette unité industrielle leur permet présentement de conserver leurs produits halieutiques, entre autres. Quant à Mme Ndeye Fatou Mansaly et ses collègues enseignantes (Mmes Françoise Ntap Sadio, Rama Dramé Seck et Aïssatou Signaté Dramé) dans un lycée de la place, elles ont fait savoir que l'hôpital de la paix, que Macky Sall a inauguré dernièrement, constitue, après l'hôpital régional, un autre fleuron du système de santé, de la région de Ziguinchor.
« Il y a également, indiquent-elles, le scanner dont le chef de l'Etat a doté l'hôpital régional, améliorant ainsi le plateau technique, avec ce moyen moderne d'imagerie médicale, qui a été acquis sur financement de l'Etat ». Les gens ont aussi beaucoup apprécié l'inauguration, par le président de la République, du tout nouveau centre d'hémodialyse de Ziguinchor, au grand bonheur des populations, notamment celles qui doivent faire régulièrement des dialyses pour maintenir un bon état de santé. Par ailleurs, les jeunes ne tarissent pas d'éloges à l'endroit du président Macky Sall pour leur avoir livré « un stade Aline Sitoë Diatta entièrement réhabilité », leur permettant de mieux s'épanouir.
Autre motif de satisfaction des populations pour le Chef de l'Etat, la mise en service des deux nouveaux groupes électrogènes de 5 mégawatts chacun, du projet d'extension de la centrale de Boutoute. Les deux moteurs ont porté la capacité de production de la centrale à 30 mégawatts, mettant définitivement les régions de Ziguinchor et de Sédhiou à l'abri des délestages. Les populations sont également satisfaites du chef de l'Etat pour avoir subventionné à 50 % le tarif des rotations des bateaux Aguéne, Diambogne et Aline Sitoë Diatta, et fait une exonération fiscale de 10 ans aux opérateurs touristiques déjà installés en Casamance ou qui souhaitent le faire. Les Ziguinchorois sont aussi contents pour la réhabilitation, en cours, de la RN6, la reconstruction de certaines routes de la ville, le lancement du Programme Pôle de développement de la Casamance (Ppdc), l'ouverture prochaine, à Ziguinchor, du bureau régional de la Banque nationale de développement économique (Bnde), les 20 minibus que le chef de l'Etat a remis aux transporteurs, afin d'améliorer la mobilité urbaine à Ziguinchor.
Ici, le sentiment général est que le président Macky Sall se trouve dans une dynamique irréversible de doter la Casamance de moyens idoines pour qu'elle puisse redorer son blason.
KOLDA-ACTE III DE LA DÉCENTRALISATION : Une initiative louable qui exige des moyens d'accompagnement
L'Acte III de la décentralisation est une excellente chose. Il doit être accompagné par un transfert des moyens financiers et humains pour réussir.
Les conseils départementaux ont besoin, au moins, de 500 millions de Fcfa par an pour fonctionner correctement. C'est du moins, ce que soutient Tidiane Ndiaye, Secrétaire général du Conseil départemental de Médina Yoro Foulah pour qui, il n'est pas possible d'avoir des territoires viables pour impulser le développement local avec des Conseils départementaux sous perfusion et dont les budgets annuels ne dépassent pas les 300 millions de Fcfa. Il suggère la création d'une fiscalité locale permettant aux nouveaux Conseils départementaux d'avoir de fonds supplémentaires pour ne pas dépendre exclusivement des fonds de concours et des fonds de dotation de l'Etat. « Il est temps que les Conseils départementaux puissent avoir leur fiscalité pour booster leur propre développement. Pour ce qui est de l'Acte III de la décentralisation, je pense que, s'il y a un point fort qui mérite que l'on parle, c'est certainement l'érection des départements en collectivités locales. Je l'ai dit parce que j'ai vu l'engouement que ça a suscité et l'adhésion surtout, de la classe politique », déclare-t-il. Il pense que les fonds alloués par l'Etat aux Conseils départementaux entre juillet et décembre 2014 sont dérisoires et espère que l'enveloppe sera beaucoup plus consistante cette année.
Pour nombre d'élus locaux, les nouvelles tracées administratives devraient être revues pour éviter un déséquilibre entre les anciennes et les nouvelles communes. Ce qui permettrait, selon eux, d'avoir des territoires beaucoup plus viables et capables de générer leurs propres ressources. Le transfert annoncé des nouvelles compétences aux collectivités locales est également fort attendu par les élus locaux de Kolda.
L'agriculture Comme Force Motrice D'un Sénégal Emergent : Les jalons de l'autosuffisance alimentaire
Dès son avènement à la magistrature suprême, le Chef de l'Etat a fait de l'agriculture une sur-priorité, voire la voie incontournable pour atteindre l'émergence au Sénégal. Le secteur agricole est devenu une composante majeure d'une stratégie qui vise la transformation structurelle de notre économie et de son modèle de croissance.
Plusieurs actes ont été posés par le gouvernement pour soutenir la vision du président Macky Sall en agriculture. Le Programme d'accélération de la cadence de l'agriculture au Sénégal (Pracas), lancé en 2014 et qui fait partie de la première vague des 14 projets et programmes du Plan Sénégal émergent (Pse), traduit, à suffisance, l'engagement des nouvelles autorités à transformer notre agriculture. Les conseils présidentiels tenus sur les mesures de consolidation des acquis du Programme national d'autosuffisance en riz (Pnar) viennent confirmer la volonté politique affichée pour atteindre l'autosuffisance en riz à l'horizon 2017. Dans la stratégie de mise en œuvre du Pracas notamment le volet riz, l'Etat est en train de dérouler, sous la houlette de la Société nationale d'aménagement et d'exploitation des terres du delta du fleuve Sénégal et des vallées du fleuve Sénégal et de la Falémé (Saed) et de la Société de développement agricole industriel (Sodagri), un vaste programme d'aménagement des terres dans la vallée du fleuve et dans l'Anambé.
Dynamique importante vers la mécanisation
Déjà en 2014, 31.000 hectares ont pu être aménagés dans la vallée du fleuve Sénégal pour plus de 10 milliards de FCfa d'investissement. On note également, toujours dans la vallée, la réhabilitation des périmètres agricoles et axes hydrauliques pour un montant de 2,5 milliards de FCfa. De même, il y a eu la fourniture et l'installation de 375 groupes motopompes pour environ 3 milliards de FCfa, le renforcement du parc de matériel agricole lourd et léger au profit des producteurs, la construction de 36 magasins de stockages sans compter les subventions des intrants agricoles. Le Sénégal a également procédé à une commande de plus de 1000 tracteurs en 2014. Le gouvernement, comme l'a soutenu le président Sall, va subventionner leur prix afin que ces engins soient accessibles aux producteurs. Le crédit agricole sera mis à contribution à cet effet, avait déclaré Macky Sall, en tournée économique dans la vallée du fleuve Sénégal.
Au total, uniquement dans la vallée du fleuve, l'Etat a injecté, en 2014, dans le Pracas, environ 19 milliards de FCfa sur fonds propres. Compte non tenu des efforts financiers consentis en faveur des projets d'aménagement et de réhabilitation des terres dans l'Anambé où l'on vise un objectif de 10.000 hectares d'ici à 2017 pour la riziculture pluviale. A terme, il s'agit d'arriver, à l'horizon 2017, à une totale satisfaction de la demande nationale en riz blanc de bonne qualité, estimée à 1,08 million de tonnes, soit environ 1,6 million de tonnes de paddy.
Apurement de la dette paysanne
Selon des chiffres avancés par le président de la République, le Sénégal, en deux ans, a injecté pas moins de 100 milliards de FCfa dans le monde rural dont 13 milliards consacrés à l'apurement de la dette paysanne afin de permettre aux producteurs de s'endetter à nouveau. En ce qui concerne la filière riz, outre l'augmentation vertigineuse des surfaces aménagées, l'Etat envisage aussi la suspension éventuelle de la Tva sur le riz pour accompagner le développement de cette filière et promouvoir la consommation locale. Des efforts d'aménagement considérables sont notés aussi dans la cuvette de Ngalenka, au Nord, dans le cadre du Mca. L'Union européenne, à travers certains projets comme le Papil (Projet d'appui à la petite irrigation, locale), le Pafa (Projet d'appui aux filières), n'est pas aussi en reste. Le Projet irrigation et gestion des ressources en eau du Millénium challenge account (Mca), en cours d'exécution dans le delta, dont l'objectif est d'amener de l'eau en quantité suffisante dans les exploitations agricoles du delta du fleuve ainsi que les domaines agricoles communautaires (Dac) mais aussi le Pdidas d'un montant de 80 milliards de FCfa, comptent élever le niveau des investissements dans le secteur horticole.
S'y ajoute aussi les projets que l'Etat est en train de dérouler grâce à l'Agence nationale d'insertion et de développement agricole (Anida). Hormis les subventions allouées pour l'achat d'engrais et d'équipement, l'Etat, en 2014, a mobilisé environ 11 milliards de FCfa pour sécuriser 50.000 tonnes de semences dont 25.000 tonnes certifiées. Les prix des engrais d'arachide ainsi que tous les engrais appliqués à la production horticole ont également connu une baisse significative. Des efforts ont été consentis pour renouveler le matériel agricole avec l'octroi de 18.000 matériels de type attelé au monde rural sur fonds propres de l'Etat. Autant d'efforts qui ont, sans doute, contribué à booster la production dans toutes les filières. Par exemple, entre 2004 et 2014, les exportations horticoles sont passées de 13.321 tonnes à 85.414 tonnes. Soit une augmentation annuelle moyenne de 54 %.
Lueurs d'espoirs
Autre priorité de l'Etat : la reconstitution du capital semencier. A ce sujet, il faut noter la mise au point de nouvelles variétés de semences hâtives et à haut rendement avec une forte résilience par rapport à la sécheresse. Le gouvernement, dès l'avènement de Macky Sall au pouvoir, consacre, chaque année, environ cinq milliards de FCfa à la recherche agricole. Il bénéficie, à ce propos, du soutien du Programme de productivité agricole en Afrique de l'Ouest (Ppa) appuyé par la Banque mondiale. Il est exécuté sur le terrain et donne, chaque année, des résultats satisfaisants.
Déjà, les résultats de la première année de mise en œuvre du Pracas dans la vallée du fleuve Sénégal indiquent que 60.612 ha de riz ont pu être emblavés en 2014 avec un rendement moyen de plus de sept tonnes à l'hectare. On note également une production record de 431.000 tonnes de paddy. Soit une augmentation de 33 % de la production et une dynamique soutenue dans la transformation et la mécanisation. Le Fonds national de développement agro-sylvo-pastoral (Fndasp) est devenu, depuis 2013, une réalité dans le financement de l'agriculture au sens large du terme
Le pont sur le fleuve Gambie, un rêve en voie de se réaliser
Longtemps espéré par les Sénégalais, en particulier les Casamançais, le pont sur le fleuve Gambie avait fini par devenir une chimère pour certains, toujours annoncé mais jamais réalisé. C'est le début de la concrétisation, avec la pose de la première pierre, de l'ouvrage, en février dernier.
Une vieille doléance des populations du Sud du Sénégal est en train de se concrétiser depuis le 20 février 2015, jour où le Premier ministre, Mahammad Boun Abdallah Dionne, et la vice-présidente gambienne, Isatou Njie Seydi ont procédé à la pose de la première pierre du pont prévu sur le fleuve Gambie. Les présidents Léopold Sédar Senghor, Abdou Diouf et Abdoulaye Wade avaient œuvré pour l'érection de ce pont qui est considéré comme un ouvrage fondamental pour le désenclavement de la Casamance, mais en vain. C'est sous Macky Sall qu'un geste concret a été posé dans ce sens.
Selon le Premier ministre Dionne, « ce pont permettra aux deux pays de lever, ensemble, les obstacles matériels et immatériels des nombreux postes de contrôle, des longues et coûteuses procédures douanières avec des installations adaptées dans nos frontières ». Dans la même veine, Mme Seydi déclarait : « C'est une journée très importante. Le pont va renforcer les échanges entre les deux pays. La circulation sera plus fluide». L'ouvrage est financé par la Banque africaine de développement (Bad) pour un coût de 53,7 milliards de FCfa. Il est aussi prévu l'amélioration du passage transfrontalier dans cette enveloppe. Le pont, prévu sur une longueur de 942 mètres, sera livré dans moins de 36 mois. La Bad prévoit de financer la construction de 15 km de pistes rurales en Gambie et a promis d'appuyer le Sénégal et la Gambie dans les travaux de prolongement de la route reliant Farafégny et Keur Ayib.
A suivre dans notre prochaine édition
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